Dernière journée à Agadez
Par Gaïdig, jeudi 17 août 2006 à 21:21 :: Carnet de voyage :: rss
Nous nous réveillons à 7h00, un peu sur les nerfs. Aujourd’hui c’est notre dernier jour à Agadez et nous avons beaucoup de chose à faire : écrire un petit mot pour remercier tout le monde, préparer la soirée que nous organisons ce soir, aller dire au revoir à tout le monde… bref, il faut rester calme et s’organiser !
Nous commençons par écrire une petite chanson sur l’air de « mon beau choisissez », la chanson phare du camp d’Arlit :
Refrain : Merci à vous tous (4 fois)
Couplets : 1- Et toi Hélène vient ici (Merci la chanteuse)
Ta voix est enchantée
Elle nous a fait s’envoler
Tu nous as fait rigoler
2-Et toi Denise vient ici (Merci les deux miss)
Et toi Charlotte vient ici
Nos copines de chambrée
Nous filaient des coups de pied
Cette semaine à Arlit
Fût une grande réussite
3-Et toi Cossi vient ici (Merci Epiphane)
Le Ruicosta d’la mission
L’après-midi avec toi
C’est toujours une joie
4-Et toi Salé vient ici (Merci les voisins)
Et toi Hamidou vient ici
Et toi Babalé vient ici
Merci pour ces soirées
Où l’on a bien discuté
Trois mousquetaires hors pair
Qui nous ont chouchoutées
5-Et toi Youllo vient ici (Merci not’ bad boy)
Garde du corps attitré
T’as si bien négocié
Travailleur acharné
6-Et toi Ambroisine vient ici (Merci Ambroisine)
Not’ grande sœur d’Agadez
Tu nous as mise à l’aise
Une doctoresse en herbe
En plus gardienne de choc
7-Et toi Henriette vient ici (Merci Henriette)
Une nièce si attentive
Pour les tresses de Marie
Ton sourire contagieux
A rempli notre cœur
8-Et toi Alphonse vient ici (Merci à vous deux)
Et toi Moïse vient ici
Tamtameurs de compèt’
Vous nous faites danser
A toutes les soirées
9-Et toi Ramatou vient ici (Merci Ramatou)
Ta bonté est touchante
Quelle femme indépendante
Gros bisous à Chouchou
10-Et toi JB vient ici (Merci Jean-Baptiste)
Une sagesse de rebelle
Qui nous a épatées
On te souhaite la carrière
De Zidane et Henri
11-Et toi l’boiteux vient ici (Merci Obélix)
Miss gros lolo quand il faut
C’était très rigolo
La prochaine fois qu’on vient
On ira à Tchiro
12-Et toi Mathias vient ici (Merci not’papa)
Un vrai cœur d’artichaut
Que l’on n’oubliera pas
Avec toi l’paradis
N’est plus très loin d’ici
Gaïdig et MC partent ensuite faire les courses pour la fête du soir. Philippe et Henriette nous accompagnent. Nous allons au mini-market puis sur le marché. L’ambiance est assez tendue entre nous et Philippe. Nous avons l’impression qu’il nous trouve hautaines. Pourtant nous faisons tout pour lui être agréables et pour essayer de ne pas faire de caprices. Ce n’est pas facile de parler avec lui. Ses avis sont trop tranchés et il ramène tout à la foi. Pour lui, nous remettons tout en question, nous cherchons trop d’explications, nous avons trop l’esprit critique. En rentrant nous retrouvons AL et JB qui sont restés nettoyer la salle. Il faut enlever toute la poussière et ce n’est pas une mince affaire. JB balaye pourtant de bon cœur.
Après le repas et la sieste, les jumelles commencent à faire la cuisine. Au menu ce soir : des pâtes et des crêpes. Pendant ce temps, Gaïdig rend une dernière visite au petites sœurs d’Agadez. Nous leur avions promis de venir aujourd’hui. Elles sont un peu déçues de ne voir qu’une personne. Ensemble nous écrivons une lettre pour la grand-tante de Gaïdig, une petite sœur à Sfax en Tunisie. La visite est courte, il faut rentrer aider les cuisinières.
A 18h30 nous allons à l’adoration. Difficile de se concentrer après avoir couru toute la journée. Dans nos têtes beaucoup de visages et de souvenirs passent… c’est déjà fini…La messe qui suit est une messe d’action de grâce dite pour notre départ. Mathias nous a fait la surprise la veille. Nous sommes réellement très touchées. Mathias aime « perturber » les gens, c’est pourquoi au cours de son sermon il nous interpelle et nous demande de dire un mot à la communauté. Ils sont venus nombreux pour notre départ. D’habitude dans la semaine il n’y a qu’une dizaine de personnes. Aujourd’hui quand nous nous retournons nous voyons que tous les bancs sont occupés. Cela fait chaud au cœur. Le président de la communauté (le père d’Ambroisine, de Charlotte et d’Alphonse) dit un mot au nom de toute la paroisse. Ils ont été heureux de partager ce mois avec nous, c’est une des rares fois que des blancs ont été aussi présents dans leur communauté et se sont si bien intégrés. Entendre cela nous touche beaucoup . C’est sûr, nous avons envie de revenir.
A la sortie de la messe, nous invitons tout le monde à prendre un pot à la bibliothèque. Nous passons une dernière soirée avec nos amis. Les pâtes sont complètement ratées mais cela n’a pas beaucoup d’importance. Nous rions, nous dansons et nous faisons une dernière fois les jeux que nous avions appris à Arlit. Une femme se présente à la porte. Elle semble affamée et se jette sur la nourriture. Nous ne devons pas oublier notre chance. Manger tous les jours à sa faim n’est malheureusement pas donné à tout le monde. Dehors Mathias, Philippe, Henriette et tous les amis de Babalé, Hamidou et Salé sont là . Ils prennent le thé ensemble. Nous les rejoignons après que les jeunes soient partis. Salé nous prend à part. Il nous a fait de nombreux cadeaux. Nous sommes gênées. Nous savons qu’en retour il attend un accueil de notre part si jamais il venait en France. Partir en Europe est le rêve de tant d’Africains. Ils ont l’impression que chez nous la vie est tellement plus simple. Nous prenons son adresse. Lui aussi semble triste de nous quitter.
MC et Gaïdig partent se coucher et faire leur sac tandis qu’AL reste parler avec JB, Epiphane et Yves. JB lui confie sa devise « Espérance, Courage, Persévérance ». JB n’a pas la chance de pouvoir aller à l’école privée, sa famille est trop pauvre pour pouvoir payer. Il sait que pour lui l’avenir sera difficile. Ca fait mal au cœur d’entendre cela.

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