Nous partons donc pour la SNTV. Philippe n’a pas le temps de nous y emmener. Nous faisons donc le trajet seules. Ce n’est que la deuxième fois que nous nous promenons sans être accompagnées. Ce n’est jamais très rassurant. Nous devons d’ailleurs faire deux fois le chemin MC ayant oublié l’argent. Nous en profitons pour aller chercher des timbres et poster les cartes que nous avons écrites il y a déjà deux semaines (on devient comme les Africains, il ne faut jamais être trop pressé). La poste est bien vide : un guichet derrière lequel se trouve une femme qui ne dispose d’aucune monnaie.

Crêpes

Après le repas nous décidons de faire des crêpes. Ca rappelle le pays qui nous manque un peu. JB qui est comme toujours à la mission ne demande qu’à apprendre. Après lui avoir montré comment faire, il prend les commandes. Quel champion, mieux que les bretons eux-même ! Nous sommes sûr qu’il en refera chez lui.

Vers 16h00 Mathias revient de Maradi où il était parti pour un mariage. Nous sommes vraiment heureuses de le retrouver. Il est fatigué mais content. Après qu ‘il nous ait raconté son séjour, nous partons sur le marché à la recherche de dattes, d’élastiques… Mais la pluie menace et tous les commerçants plient donc bagage afin de protéger leur marchandise. Tans pis.

Repas en ville

Après la messe, nous retrouvons Hamidou, Babalé et Salé qui nous ont invitées à manger. Au cour du repas nous parlons de la politique au Niger. Hamidou ne vote pas. Il est pourtant très cultivé et connaît bien ce qui se fait dans son pays. Nous sommes donc assez surprises. Mais il nous explique qu’ici les élections ne sont qu’une formalité : le peuple peut toujours élire un candidat, viendra au pourvoir celui que les autorités ont décidé. Par exemple il nous affirme que pour les élections municipales le gagnant n’est pas devenu maire mais on a envoyé quelqu’un de Niamey que personne ne connaissait. Nous comprenons bien sa frustration. Comment avoir confiance quand on sait que même au plus haut niveau tout est « magouille » ? Nous sentons qu’Hamidou a envie que les choses changent. Sa culture nous surprend, pourtant il a 33 ans et travaille en tant que tailleurs depuis l’âge de 15 ans : il a quitté l’école après le CM2. Comme quoi ce n’est pas nécessairement ceux qui fréquentent l’école qui sont les plus « savants ». Babalé quant à lui n’est jamais allé à l’école. Il a appris à lire et à écrire le français grâce aux nombreux touristes qu’il a pu rencontrer.

En rentrant nous passons dire bonsoir à Mathias, Philippe et Henriette. Nous ne tardons pas, les journée sont longues, et la fatigue commence à nous gagner.