Elle a également adopté le fils de son frère que sa belle sœur martyrisait en lui donnant tout un tas de médicaments. Apparemment lorsqu’elle l’a recueilli son état était grave et elle a du passer très longtemps avec lui à l’hôpital de Niamey pour qu’il se rétablisse. Aujourd’hui il a quatre ans, il marche mais ne parle pas encore. Tout est une question de temps.

Demi-lunes Quand Ramatou est partie nous restons avec les petites sÅ“urs. Nous discutons des ONG : elles aussi sont très sceptiques. Beaucoup d’argent est en jeu, mais une grande partie passe dans la logistique. De plus les actions sont souvent mal suivies ou inadaptées. Par exemple Ramatou travaille chez un opticien, mais il est difficile d’en vivre puisque beaucoup d’associations distribuent gratuitement des lunettes (qui sont donc inadaptées).


En comparant le Niger et le Nigeria les sÅ“urs nous confirment nos impressions : les Nigériens sont des gens plutôt passifs ou calmes. Les Haoussas sont très doués pour le commerce mais sinon ils manquent de confiance dans tout ce qu’ils entreprennent. Le Nigérians quant à eux sont beaucoup plus actifs : ils ont de nombreuses idées et arrivent à aller jusqu’au bout de leur projets.

Depuis une semaine nous avons fait une constatation : en Afrique la parole est d’or. Or les invitations sont nombreuses, trop nombreuses et il nous est quasiment impossible de dire non ? Nous sommes donc souvent coincées, et notre programme finit par être chargé. Ici même si on dit un « oui » de politesse cela revient à signer un contrat. Ne jamais s’aventurer avec des plans « foireux » !

L’après midi nous rencontrons Jacques. C’est un informaticien français qui est venu « comme ça » au Niger et qui continue à prolonger son séjour. Il donne des cours de mathématiques à Ambroisine pour essayer de lui faire rattraper le retard qu’elle a pris par rapport aux autres élèves scientifiques. Il donne également des cours d’informatique. Il vit ainsi sur ses économies personnelles. Il rentrera quand financièrement il ne pourra plus suivre… Nous allons ensuite acheter des bijoux avec Yves, très dur en négociation. 45 minutes plus tard le prix a été plus que divisé par deux, ça valait le coup d’être patientes !