Fête de la saint Alphonse
Par Gaïdig, mardi 1 août 2006 à 21:00 :: Carnet de voyage :: rss
Encore une fois coupure de courant. Ce n’est pas parce que c’est la saint Alphonse qu’on y échappera.
Aujourd’hui nous nous levons tard (8h00), la nuit a été chaude.
Après le petit déjeuner, et quelques courses en ville nous avons droit à la visite d’Ambroisine et de son petit frère Hubert. Le Père Philippe débarque également de Tchiro. Il vient pour se faire soigner à l’hôpital d’Agadez suite à une crise de palu un peu trop forte. Les autres prêtres, Guy, Nicolas et Emile sont aussi venus (la saint Alphonse à la mission c’est quelque chose !) Alphonse est le fondateur des rédemptoristes (la congrégation de Mathias). Chaque année ils se retrouvent donc tous pour fêter l’évènement.
A l’apéritif nous parlons du problème des ordures. Il y a selon eux beaucoup de travail à faire dans ce domaine. Mais il faut un long travail pour changer les mentalités, bien que quelques améliorations soient déjà visibles (on trouve à Agadez des poubelles dans la rue, et un ramassage des ordures a été mis en place).
Le couple des Subi exprime son septicisme par rapport aux ONG : les volontaires sont généralement logés dans des villas éloignées de la ville, alors qu’à coté de cela dans les quartiers pauvres on manque de tout. C’est assez choquant de voir à l’entrée de chaque ville de nombreuses pancartes faisant part de toutes sortes de projets, tous plus merveilleux les uns que les autres.
Après le repas nous visitons la pharmacie de la mission avec le responsable du centre de récupération des mal-nutris (le CRENI). Il y a là bas quinze enfants pour huit lits, et ils manquent de beaucoup de choses. Parfois des amis d’Europe envoient des médicaments, mais ils sont souvent périmés ou inadaptés. C’est révoltant. De plus l’usage qui en est fait est assez laxiste : le responsable affirme donner des médicaments même périmés. Selon lui tant qu'ils n’ont pas changé de couleur ils restent bons !
Pour Mathias le problème est double. Certes les Africains ne sont pas assez instruits surtout en terme de médecine, mais les Occidentaux ne font pas beaucoup attention lorsqu’ils décident d’aider ce continent. Nous sommes choquées d’apprendre que les Etats-Unis ont envoyé en Afrique de nombreux vaccins périmés. Les ravages ont été importants et continuent de l’être puisque désormais la population refuse de se faire vacciner.
Selon Mathias on ne peut pas parler de colonisation positive. Les Nigériens sont devenus passifs et profitent du système. Il faut absolument les rendre acteurs pour que le pays puisse réellement se développer. Ainsi depuis quelque temps des améliorations ont été perçues : ce ne sont plus les Européens qui viennent et décident avec leur argent de construire dix, quinze ou même vingt puits, mais on demande à la population elle-même de monter des projets et de les gérer seule. Ce sont souvent les femmes qui mènent la marche aidées des moyens qu’on leur donnent.
A 17h Epiphane, JB ,Yves, et sa petite sœur Jina arrivent. Nous partons avec eux quatre et Emile sur le marché. Là bas nous rencontrons un homme que nous avions déjà vu chez Ghamar. Il se souvient de nos prénoms et veut absolument nous montrer sa boutique. Le prix auquel il veut nous vendre une tenue est absolument scandaleux ; le ton monte. Heureusement Emile réussit à le calmer. Finalement AL achète la tenue pour 8000 F CFA, surtout heureuse d’être libérée.
Le soir après la messe et le repas nous prenons le thé dans la cour avec les tailleurs d’en face, Salé un pharmacien, et Ghamar qui vient prendre de nos nouvelles. Un des voisins musulmans exprime une idée intéressante : « plutôt que de nous donner du poisson apprenez-nous à pêcher »…
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